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      “Always remember that the people are not fighting for ideas, nor for what is in men’s minds. The people fight and accept the sacrifices demanded by the struggle in order to gain material advantages, to live better and in peace, to benefit from progress, and for the better future of their children. National liberation, the struggle against colonialism, the construction of peace, progress and independence are hollow words devoid of any significance unless they can be translated into a real improvement of living conditions.”

Return to the Source: selected speeches of Amílcar Cabral (1974)

       “Un peuple qui se libère de la domination étrangère ne sera libre culturellement que si, sans complexe et sans sous-estimer l'importance des aspects positifs des cultures de l'oppresseur et des autres cultures, retourne vers les chemins glorieux de sa propre culture, qui est nourrie par la réalité de son environnement et qui neutralise aussi bien les influences néfastes et tout assujettissement à la culture étrangère. Ainsi, il peut être dit que si la domination impérialiste a le besoin vital de pratiquer l'oppression culturelle, la libération nationale est nécessairement un acte culturel.”     

Return to the Source: selected speeches of Amílcar Cabral (1974)

À venir...


UNE 6e RÉPUBLIQUE, OU COMMENT ÉVITER LA "LIBANISATION" DE LA FRANCE D'ICI 2030 !

Après la critique acerbe, virulente, sans concession, du pur vitriol anti-bons à rien qui nous gouvernent et nous administrent, est venu le temps des propositions concrètes, utiles et peut-être (on l'espère) salutaires. Tel sera le contenu de notre prochain post it !

À tout bientôt !

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La transition plutôt que la révolution, ou l'utopie de pouvoir changer le monde (2026)

En 2015, Pascal Chabot publiait un petit ouvrage des plus intéressant : L'âge des transitions (PUF). Sa lecture est arrivée à brûle pourpoint dans le cadre de notre pensée sur la France de demain et la révolution qui gronde, n'attendant qu'un catalyseur pour éclater. La réflexion de Chabot offre une toute autre vision de l'avenir, une autre approche, pacifiste et activiste dans laquelle chacun peut avoir un rôle à jouer. Aussi, vous invitons-nous vivement à le lire. Mais pour celles et ceux qui n'auraient pas cette chance (notre lectorat étant mondial, tout continent confondu, acquérir un livre en français, paru il y a dix ans, n'est pas forcément évident), il paraît intéressant d'offrir ici quelques citations de paragraphes qui nous servirons par la suite, dans nos prochains post it

Christophe Chazalon

Genève, le 10/06/2026

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"Le dictateur, dont le type psychosocial est presque toujours celui du pervers narcissique, jugule les libertés et verrouille le cachot du présent. Qu'à cela ne tienne, disent ses opposants : il y a un "au-delà", qui aura pour nom "transition démocratique" et qu'il faudra construire dans la dignité de la loi, sans véritable révolution ni terreur". (p. 20)

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"La transition est une transformation réfléchie, qui se veut mature, pacifique, pragmatique." (p. 21)

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"En bordure du système - Les partisans de la transition habitent les bordures du système. Qu'ils soient citoyens, activistes, intellectuels ou artistes, ils vivent sur la frontière entre le présent et le futur. De là, il observent l'époque désorientée. Ils ne sont pas en rupture radicale, mais leur adhésion aux mantras que ressasse une société fondée sur la consommation, la concurrence et l'efficacité ne va pas de soi." (p. 27)

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"Pour bâtir l'univers durable qu'il évoque [Kenneth White, "Le grand rivage", in Un monde ouvert, 2006, p. 87)], c'est dans la périphérie du système qu'il faut chercher. Au centre, sont les impératifs et les credo d'une civilisation qui voit dans la technique et la finance les seules matrices du progrès humain. Quand on l'éloigne, leur puissance s'atténue. D'autres attracteurs jouent une partition différente - par exemple, des enfants, des vieux, des inutiles, des sans-logis, des contemplatifs, des lecteurs, des cinéastes ou des utopistes. Ils ne sont pas hors du système, car ils y participent à leur manière, mais plutôt depuis les lisières. C'est de là qu'ils dessinent d'autres avenir et racontent d'autres histoires que celles entendues partout, selon lesquelles le salut s'achète." (p. 27-28)

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"Toute transition commence par un vacillement des convictions ordinaires. L'ordre dominant balbutie, les critiques deviennent diserts, d'autres formules sont examinées." (p. 29)

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"S'excentrer permet de prendre du recul. Les limites du système où circulent les tenants de la transition offrent de nouvelles perspectives. La vue est plus large. Les coulisses du monde deviennent plus lisibles. En les scrutant, on comprend que la perte de repères contemporaine s'origine dans un processus profond. La cause fondamentale de la désorientation est la quête de croissance et de maximalisation. Les individus, divisés entre enthousiasme et défiance, reflètent la dynamique équivoque d'une société qui veut toujours plus. Comme attirée par le mirage de ce qu'elle pourrait être en devenant plus forte et plus riche, l'humanité poursuit la voie d'un développement qu'elle croit infini. Il lui faut optimiser ses actions et multiplier ses énergies. Dopée par l'ivresse d'une puissance inédite sur terre, elle juge la satiété insupportable. Chaque palier de croissance doit devenir un tremplin pour le suivant.

Paul Valéry l'a exprimé avec la justesse de ton de celui qui diagnostique sans blâmer :

Partout où l'Esprit européen domine, on voit apparaître le maximum de besoins, le maximum de travail, le maximum de capital, le maximum de rendement, le maximum d'ambition, le maximum de puissance, le maximum de modification de la nature extérieure, le maximum de relations et d'échanges. ("La crise de l'esprit", in Variété (1919), t. I, 1957, p. 999)" (p. 39-40)

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"La maximalisation n'est plus européenne. La mondialisation l'a propagée en même temps que ses recettes de management, ses dettes et ses vitrines. Croître est un désir global. Se satisfaire signifie manquer d'audace. Quand une entreprise n'augmente pas ses marges d'une année à l'autre, on crie à la récession. Quand le PIB d'un État stagne, on stigmatise son marasme, pour mieux le décoter sur le marché des prêts. L'immobilisme est redouté, comme si l'on avait peur que n'advienne un vide paralysant. Tout le monde court après le temps, mais personne ne s'arrête pour en contempler l'écoulement.

La maximalisation est une monoculture. Obsessionnelle, elle devient dominante et hégémonique. Quand la seule croissance est privilégiée, les autres paramètres restent dans l'ombre. La qualité, la convivialité, le plaisir, le goût du travail bien fait, tout cela passe loin derrière l'objectif premier. Chercher toujours le maximum, c'est s'obliger d'abord à ne chercher rien d'autre." (p. 41)

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"Une idée proche anime les partisans de la transition. Le voile qu'ils remarquent depuis la lisière du système est un ensemble de significations placées sous le signe du moyen utile. Il faut que le réel serve, telle est l'injonction entendue partout. L'important dans une chose est son usage. Au lieu de rencontrer une personne, on s'adresse à une fonction. Les arbres sont des meubles en devenir, de la future pâte à papier, ou du combustible. L'habitude est de saisir dans tout être la valeur ajoutée qu'une transformation adéquate peut lui apporter. Les lunettes utilitaristes rendent le regard prédateur et avide, lorsqu'elles ne sont pas modérées par une autre manière de voir. Ce n'est pas l'utile en soi qui est la cible des critiques, mais la perversion de l'utile qui ne considère à court terme que les ressources disponibles et la maximisation du profit.

Chaque être doit rechercher "ce qui lui est proprement utile", écrit justement Spinoza (Éthique IV, proposition XXIV, 1988), mais par une mécompréhension de cet utilitarisme, il est devenu une monoculture, que plus rien ne vient tempérer. Une chape couvre le monde et lui impose les axiomes sévères d'un empire utilitaire : maximiser, capitaliser, organiser, transformer. C'est de cette manière que l'humain exerce sa maîtrise et transforme le monde en une réserve de moyens à sa disposition." (p. 58)

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"À suivre..."

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Quelques lectures estivales intelligentes et utiles (2026)

Arrêtez de scroller ! Sérieusement.
Vos pouces méritent mieux que l’infini tiède des réseaux et les bonbons pixelisés. Fermez l’appli ! Prenez un livre. Un vrai. Ou même un e-book, si vous insistez — on ne va pas chipoter.
Sérieux ! Il y en a partout : en librairie, chez les bouquinistes, en bibliothèque. Des milliers de vies, d’idées, de secousses, à portée de main. Et vous, vous choisissez… le néant algorithmique ? L'abrutissement volontarisé par les GAFAM pour rendre Musk et ses congénères encore plus riches. Ils sont déjà milliardaires. C'est inutile et cela vous rendra plus pauvre, vous. Intellectuellement tout autant que financièrement !
Lire, c’est tout sauf passif. Ça gratte, ça remue, ça réveille. C’est un tête-à-tête avec quelque chose de plus vaste que soi. Oui, il faut parfois forcer un peu l’entrée. Comme un film de Godard : on hésite, on traîne des pieds… puis, soudain, ça prend. Et on n’est plus tout à fait le même le film achevé. Ça travaille à l'intérieur, sans qu'on sache vraiment pourquoi. On évolue.
Franchement, entre ça et votre énième scroll sans mémoire, le choix devrait être vite fait.
Alors lâchez votre écran. Ouvrez un livre. Et voyez ce qui se passe.

Christophe Chazalon

Genève, le 07/06/2026

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Toujours fidèles ! Merci à toutes et tous!

(données Infomaniak)
Vue de Paul Santo Antao

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